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Configurer iscsi client et serveur sous GNU/Linux – stockage reseau ou SAN personnel sur IP
Dans cet article je vais vous parler du ISCSI, un protocole (pas nouveau non, mais pour moi oui, je ne l’avais jamais utilisé) permettant de transporter des commandes SCSI sur la couche réseau TCP/IP, afin d’utiliser des unités de stockage en réseau (iSCSI est un protocole concurrent au FC ou Fibre Channel http://fr.wikipedia.org/wiki/Fibre_Channel qu’il est également possible d’encapsuler dans une couche TCP/IP – c’est FCoE).
Je vous invite d’abord à lire ce qu’est un SAN (storage area network) ou réseau de stockage dédié ne transportant que la couche contrôle de données : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_de_stockage_SAN
En lisant cette page vous aurez compris que le SAN est un réseau physique indépendant avec ses protocoles indépendants dédiés au transport de donnée, comme dans un PC le SATA ou l’IDE (par opposition au partage du donnée comme sur du SAMBA/CIFS/partage windows ou du NFS).
Au niveau logique, le SAN permet donc de mettre à disposition des volumes de stockage – unités logiques (LUN) qui seront vus sur les postes clients comme un disque dur physique local, et utilisable de manière individuelle. Ainsi ce sont des volumes mis à disposition, un peu comme des partition, non formatées auxquelles on accède physiquement !
En effet, c’est le client, utilisateur d’un LUN, qui va formater son volume comme pour un disque dur normal, en choisissant le système de fichier de son choix ! Le SAN fournit les entrées/sorties, comme un disque dur qui serait branché directement sur la machine.
Mêêê revenons donc à nos moutons, à savoir, monter un SAN personnel sur IP en utilisant iSCSI. Sans rien changer à votre réseau, vous allez pouvoir utiliser une machine comme serveur SAN, et faire transiter sur votre ethernet le flux de contrôle. Vous devinez donc que la performance des disques montés de cette façon dépendra de la vitesse de votre réseau.
En me basant sur ce post : http://blog.gaetan-grigis.eu/systeme/administration/mise-en-place-discsi-pour-le-partage-de-donnees/
Je vous propose avec Ubuntu de configurer votre ISCSI, le serveur, puis le client.
Côté serveur (TARGET) donc :
On installe le paquet nécessaire :
[bash]sudo apt-get install iscsitarget[/bash]
Soit on crée un volume dans un fichier (ex : le fichier fs.iscsi.disk de 10Go ici) :
[bash]dd if=/dev/zero of=fs.iscsi.disk bs=1M count=10000[/bash]
Et dans /etc/ietd.conf on ajoute ça (en adaptant le chemin à votre installation !) :
[bash]
Target iqn.2010-01:fs.iscsi.disk
Lun 0 Path=/path/to/disk/fs.iscsi.disk,Type=fileio
[/bash]
Soit on partage directement un disque dur (enfin, une partition pour être exact, ici sdb2) :
[bash] Target iqn.2010-01:sdb2
Lun 0 Path=/dev/sdb2,Type=fileio
[/bash]
Techniquement, le nom du « target » est libre, mais on devrait respecter la normalisation recommandée dans les RFC 3720 et 3721 :
http://en.wikipedia.org/wiki/ISCSI#Addressing
Editer le fichier /etc/default/iscsitarget et passer l’option à true :
[code]ISCSITARGET_ENABLE=true[/code]
Puis on relance le service :
[bash]
sudo /etc/init.d/iscsitarget restart
cat /proc/net/iet/volume
[/bash]
Le cat devrait vous renvoyer ça :
[code] tid:1 name:iqn.2010-01:sdb2
lun:0 state:0 iotype:fileio iomode:wt path:/media/disque/fs.iscsi.disk[/code]
C’est tout bon, le serveur propose sur le réseau le LUN qu’on vient de définir. Pour ajouter d’autres volumes sur le serveur iSCSI (Target) il suffit d’ajouter les lignes correspondantes, avec des nom de « Target » differents, dans /etc/ietd.conf, et de redémarrer le service comme vu précédemment.
Coté client (Initiator) :
on installe le client :
[bash]sudo apt-get install open-iscsi[/bash]
Etablir la connexion ISCSI :
On va dabord lister les LUN (volumes disponibles) considérant que sur mon réseau le serveur (TARGET) à l’IP 192.168.0.23 et le port 3260 ouvert sur la machine :
[bash]sudo iscsiadm -m discovery -t sendtargets -p 192.168.0.23[/bash]
Vous devez obtenir une liste des targets qui ressemble à ça :
[code]192.168.0.23:3260,1 iqn.2011.1:sdb1[/code]
On va se connecter au LUN trouvé (par nom du target) :
[bash]sudo iscsiadm -m node -T iqn.2011.1:sdb1 -p 192.168.0.23 –login[/bash]
Ce qui doit renvoyer :
[code]
Logging in to [iface: default, target: iqn.2010-01:sdb2, portal: ip-serveur,3260]
Login to [iface: default, target: iqn.2010-01:sdb2, portal: ip-serveur,3260]: successful
[/code]
En regardant vos logs systèmes, vous devriez voir passer la détection par le noyau d’un nouveau disque dur SCSI, pleinement disponible (tail -f /var/log/messages).
Vous pouvez maintenant travailler dessus comme un disque local, si il est formaté, vous devriez pouvoir le monter, sinon, vous pouvez le formater etc.
Pour déconnecter (attention à bien démonter vos volumes avant, car cette opération revient à physiquement débrancher un disque !) :
[bash]sudo iscsiadm -m node -T iqn.2011.1:sdb1 -p 192.168.0.23 –logout[/bash]
Voilà, vous savez monter et démonter votre infrastructure iSCSI.
Vous noterez qu’il est vivement décommandé de monter un volume iSCSI sur 2 machines en même temps sous peine de corrompre le volume et de tout perdre (à moins d’ouvrir le système de fichier en lecture seule – read only). iSCSI n’est pas une solution de « partage » réseau, mais une solution de SERVICE de stockage en réseau. Pour le partage pour préférerez CIFS/SAMBA, NFS etc, permettant une écriture simultanée par plusieurs clients.
iSCSI permet d’implémenter une authentification basée sur CHAP, plus d’informations ici : http://en.wikipedia.org/wiki/ISCSI#Authentication
Vous noterez cependant qu’il faut plutôt considérer iSCSI comme une infrastructure matérielle, et donc à protéger comme tel (Isolation physique du réseau, donc des cartes réseaux exclusivement dédiées à cette tâche sur une classe IP à part, physiquement indépendant du reste du réseau etc.).
Utilité des volumes en iSCSI:
Les avantages à mon sens sont multiples, entre le fait de pouvoir retrouver un volume en accès direct depuis une machine ou une autre sans avoir besoin de déplacer physiquement le disque, le fait que les débits sont bien meilleurs qu’avec un partage réseau classique (on est d’accord ça n’est pas le même usage, mais quand même) etc.
On peut aussi minimiser les coût en centralisant dans une machine avec 2 gros disques en RAID 1 (miroir), et attribuer sur ces disques des volumes à plusieurs machines sur le réseau (on peut booter sur du iSCSI ! si si!), et ainsi, avec un seul RAID, sécuriser un ensemble de machines (réduction des coûts) !
Accéder à ces disques de manière transparente depuis une machine physique ou une machine virtuelle etc.
Ca n’est pas nouveau mais ça reste vrai, surtout avec la démocratisation de la solution :
http://www.zdnet.fr/actualites/stockage-reseau-gros-plan-sur-l-alternative-iscsi-2111263.htm
Je vous invite à lire aussi sur iSNS :
http://en.wikipedia.org/wiki/Internet_Storage_Name_Service
et enfin quelques autres ressources intéressantes :
http://www.unixgarden.com/index.php/administration-reseau/le-support-du-protocole-iscsi-dans-linux
http://fr.wikipedia.org/wiki/ISCSI
http://www.cyberciti.biz/tips/rhel-centos-fedora-linux-iscsi-howto.html
Ca fonctionne même au travers d’openvpn ;) évidement je vous décommande l’usage intense de cette manière, car une coupure réseau serait fatale à l’intégrité du volume ! Préférez un autre mode d’accès pour le travail à distance, pour lequel une coupure brusque en pleine écriture ne risquera d’altérer que le fichier en cours d’édition ;)
J’espère que grâce à cet article, le iSCSI et le fonctionnement des SAN, ainsi que l’intérêt de la chose vous paraitra plus évident ! C’est mon cas, tout en connaissant le sujet, je ne m’étais jamais vraiment penché dessus, et je dois dire que, comme d’habitude, rien ne vaut un petit test fonctionnel pour bien saisir l’avantage de la solution, son fonctionnement et les possibilités d’intégration dans une infrastructure.
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